C'est quoi le goût de lumière ?
C'est un défaut organoleptique, autrement dit, un défaut que vous percevez au nez et en bouche. Il touche principalement les vins effervescents comme le champagne, mais aussi les vins blancs et rosés. Les vins rouges sont mieux protégés grâce à leurs tanins naturels.
Quand un vin est exposé à la lumière, naturelle ou artificielle, une réaction chimique se déclenche. La riboflavine (vitamine B2), présente naturellement dans le vin, réagit aux longueurs d'ondes lumineuses en particulier les UV-A (375 nm) et la lumière bleue visible (446 nm). Cette réaction dégrade un acide aminé soufré, la méthionine, qui produit alors du méthanethiol : la molécule responsable des arômes désagréables.
Ce phénomène a été découvert en 1981 à l'Université de Reims (évidemment) par les chercheurs Charpentier et Maujean, alors qu'ils étudiaient les effets de la lumière sur le champagne.
Pourquoi ce nom alors ? Le terme "goût de lumière" désigne simplement le goût causé par l'exposition à la lumière. Pas très glamour et un peu trompeur, mais au moins c'est clair.
Quels arômes reconnaître ?
C'est assez facile à identifier une fois qu'on sait ce qu'on cherche. Le goût de lumière donne au vin des arômes :
- Chou-fleur cuit ou chou bouilli
- Laine mouillée
- Caoutchouc
- Notes réduites, sulfurées
À cela s'ajoute une baisse de l'intensité aromatique fruitée et parfois une décoloration du vin. Le champagne perd de sa vivacité, ses arômes floraux et fruités s'effacent au profit de ces notes désagréables.
Et une fois installé, c'est définitif. Aucune façon de corriger un vin affecté. C'est irréversible.


